Journal Voir Montréal 30 juin au 6 juillet 2005

JOURNAL VOIR MONTRÉAL DU 30 JUIN AU 06 JUILLET 2005

TEXTES : GILLES MORNEAU

 

QUARANTE-DEUX MILLES DE CHOSES TRANQUILLES

(Foi de Félix, pour supporter le difficile et l'inutile, heureusement qu'il y a l'île d'Orléans et la Côte-de-Beaupré)

 

Le tour de l'Île

 

Dans la célèbre chanson, notre barde bien-aimé craignait qu'on la mette « en mini-jupe and speak english ». Le cri d'alarme a porté car l'île d'Orléans a su s'ouvrir aux visiteurs sans perdre son caractère rural. « L'Île est un territoire fragile, heureusement qu'il existe au sein des organismes des « chiens de garde » pour la préserver de certains entrepreneurs », explique Sylvie Lavoie, résidante de longue date et exploitante, en compagnie de Guy Bel, d'une boutique très singulière, la Forge à Pique-Assaut, à Saint-Laurent. Dans l'atelier, l'artisan manie le marteau et l'enclume, entouré de ses œuvres les plus récentes. Le métier de forgeron ne s'enseigne plus et la visite de cet économusée permet de découvrir cette technique ancienne à travers des réalisations actuelles.

 

À Sainte-Famille, le Parc des Ancêtres-de-l'île-d'Orléans est voué lui aussi à la préservation du patrimoine. Dans l'ancien presbytère, la Maison de nos aïeux offre un service de généalogie. Plus loin, la Maison Drouin (1675), plus vieille maison de l'Île, est conservée dans son état original. Les fins de semaine, on y assiste à des démonstrations de métiers traditionnels : sabotier, creuseur d'auge, etc.

 

La tournée culturelle ne serait pas complète sans un arrêt à l'Espace Félix-Leclerc, à Saint-Pierre. On s'y attarde pour l'exposition, la boutique ou la terrasse. On y reste pour un spectacle ou une pièce de théâtre. En juillet, Le programme va de Martine St-Clair (le 7) à la pièce de Félix Sonnez les matines (les 8, 21, 22 et 23), en passant par l'exposition des photos de Mélanie et Martin Leclerc (le 17).

 

Faire le tour de l'Île, c'est goûter aux saveurs de saison. Le temps des fraises est arrivé, l'autocueillette, c'est délicieux et rigolo! Sur réservation, on peut aussi manger de la tire sur la neige au Relais des Pins (Sainte-Famille) et à L'En-Tailleur (Saint-Pierre). Encore le goût de sucré? Essayez les glaces et sorbets de la Chocolaterie de l'île d'Orléans, à Sainte-Pétronille.

 

L'Île c'est aussi les pommes. Au Domaine de la source à Marguerite (Sainte-Famille), on y déguste cidres et apéritifs, produits à partir des 34 variétés de pommes qui y sont cultivées. On trouve du cidre de glace au Domaine Steinbach (Saint-Pierre), ainsi que des terrines, pâtés et confits. Les oies et les canards sarclent et engraissent le verger, dans une belle harmonie toute bio.

 

Dans les six villages de l'île d'Orléans, les bonnes tables et les gîtes chaleureux abondent. Pour n'en nommer que deux, citons le Vieux Presbytère et Les Ancêtres, à Saint-Pierre. Dans ces anciennes demeures surplombant le Saint-Laurent, les chambres ont un chachet indéniable et l'exellente table fait appel aux produits locaux.